Vous êtes ici

L’ÉTONNEMENT

L’ÉTONNEMENT

LE PROJET

Depuis 2001, la Maison de la Photographie Robert Doisneau s’engage dans l’éducation à l’image avec son programme Photographie à l’école. Intégré au cursus scolaire de classes élémentaires de la Communauté d’agglomération de Val de Bièvre, ce projet pédagogique s’adresse à des élèves de CM1 et CM2 ainsi qu’à des adolescents du Centre hospitalier de la Fondation Vallée à Gentilly. Si la prise de vue est une gestuelle qui s’apprend, l’image est aussi un langage qui s’acquiert. C’est sur ce constat que repose Photographie à l’école, programme complet croisant pratique artistique, lecture et décryptage des images.

Unique en France par la durée de ses interventions (8 mois), sa longévité (15 ans), son ampleur (10 classes, 250 élèves) et enfin par sa valorisation, Photographie à l’école a forgé le regard de toute une génération d’enfants ; les premiers participants étant aujourd’hui adultes.

Munis d’appareils reflex et compacts numériques, les élèves prennent conscience de l’outil nécessaire à la construction d’une image. À la fois attentifs au cadrage, soucieux de la lumière, des formes et des matières qui composent un sujet, mais aussi amusés par les rôles qu’ils endossent tour à tour - photographe, modèle, assistant - , les apprentis photographes apprivoisent les appareils et affinent leur regard pendant les ateliers de prise de vue.

L’autonomie et l’exercice de ce regard passent également par la découverte de photographes historiques ou contemporains. À chaque séance, des images commentées viennent enrichir la culture visuelle des élèves : voir, comprendre ce qui est en jeu dans une image, analyser pour finalement se réapproprier ces références.

Une nouvelle phase a été ajoutée pour cette année scolaire : l’editing. Elle repose sur le visionnage des photographies produites et sur un premier travail de sélection pour l’exposition finale. Choisir consiste à la fois à regarder et argumenter en groupe mais aussi à trier, associer pour, déjà, créer une narration. Cette étape cruciale permet de glisser du rôle de producteur d’images à celui de regardeur critique.

Les élèves sont donc concernés par toutes les étapes de production d’une image, de sa conception à sa diffusion. Tous disposent d’un carnet, à la fois recueil de leurs surprises et objet d’arts visuels. Ils s’en emparent librement pour travailler sur des mises en page où les tirages de lecture côtoient le dessin, l’écriture et le collage.

Intégrer ce dispositif à l’école n’est pas anodin et prend tout son sens dans le parcours d’éducation artistique et culturelle (PEAC) mis en place par l’Education nationale. L’implication des enseignants est essentielle afin de poursuivre le travail pédagogique et créer des passerelles interdisciplinaires. « Je me suis servi de photographies pour des productions d'écrits, les élèves les ont utilisées pour des productions plastiques et un conte est en cours de création avec comme support les photos de la première partie du projet. » Mais c’est surtout une formidable occasion de remobiliser les élèves les plus effacés en classe. « Ce projet a aidé des élèves à prendre leur place dans la classe. (...) Ces élèves ont beaucoup participé pendant les différents ateliers et j’ai pu constater par la suite que cela leur a permis d’avoir de plus en plus confiance en eux. » explique Romain Dumas, professeur de l’école Joliot Curie à Villejuif.

L’ÉTONNEMENT
Cette 15ème édition de Photographie à l’école porte sur la thématique de l’étonnement plaçant ainsi « l’enfant, son imaginaire et sa capacité à l’émerveillement, au centre même du projet » soulignent Rafael Serrano et Gilberto Güiza Rojas, les deux photographes-intervenants. L’étonnement induit avant tout une attitude à adopter, une conduite à tenir. C’est une approche active et ludique, un processus de connaissance et une observation continue du monde. Il s’agit de s’étonner du quotidien, « revenir à l’essentiel : observer, regarder, enregistrer, partir d’un cadre, sortir de ce cadre ou se le réapproprier pour s’étonner ». L’émotion suscitée par un phénomène visuel est donc au cœur des images présentées dans cette exposition, la photographie un moyen de la saisir. Bill Brandt, photographe anglais, évoquait la fraîcheur du regard premier posé sur les choses :
« Cela fait partie du travail du photographe de voir plus intensément que la plupart des gens. Il doit avoir et garder en lui quelque chose de la réceptivité de l'enfant qui regarde le monde pour la première fois ou du voyageur qui pénètre dans un pays étrange.».
L’exploration de l’enceinte de l’école ou des extérieurs nourrit l’étonnement. Les regards se nichent alors dans les détails, dans des trésors rencontrés par hasard.

Nous ne sommes jamais très loin de l’univers coloré d’un William Eggleston ou d’un Stephen Shore et de l’attention particulière que ces deux auteurs américains portent aux sujets ordinaires. D’autres sujets fascinent tout autant : l’image de soi et celles des autres que les enfants mettent parfois en scène. Quelquefois c’est le grandiose qui s’impose : une stupéfaction devant un phénomène lumineux, une sidération devant l’étrangeté d’une forme. Tout motif ou toute occasion peut devenir objet photographique confinant au sublime, seul le « regardeur » en décide. Cette attitude n’est pas sans rappeler celle de Jacques-Henri Lartigue qui commence la photographie dès l’âge de 7 ans pour explorer le monde.
Et c’est à notre tour, en tant que spectateur, d’éprouver un sentiment intérieur renversant. Visiter une exposition de photographies réalisées par des enfants nous renvoie à nos propres émotions et à nos expériences intimes : c’est considérer à nouveau le monde à la hauteur de regard d’un petit garçon ou d’une petite fille avec ses perspectives et ses angles de vues insolites. Et l’on découvre alors que toutes ces photographies apparaissent comme le reflet d’une vitalité qui devrait, à notre tour, nous surprendre.

LES PHOTOGRAPHES INTERVENANTS

L’encadrement et la transmission par des professionnels est au cœur de la démarche. Deux photographes interviennent dans les écoles et transmettent leur expérience. Le premier, Gilberto Güiza Rojas mène une réflexion sur la place de l’individu au travail. Avec ses mises en scène il bouscule les codes de la représentation en proposant des images détournées. Le second, Rafael Serrano s’intéresse à la photographie en tant qu’objet en déformant les supports jusqu’à obtenir une abstraction du sujet. Avec eux, les élèves observent, s’interrogent sur leur environnement puis construisent des images. Leïla Garfield, quant à elle, intervient à la Fondation Vallée auprès d’un groupe d’adolescents. Photographe compulsive, elle collectionne la beauté du quotidien qu’elle valorise dans des fanzines. Forte d’expériences pédagogiques variées, elle a mis au point une méthode adaptée au handicap psychiatrique alliant théorie et pratique. Sarah Gay, coordinatrice du projet.

 

9 CLASSES PARTICIPANTES

  • CACHAN
    • École élémentaire la Plaine classe de CM1 de Mme Jezequel
  • FRESNES 
    • École élémentaire des Frères Lumière, classe de CM1 de Mme Charles
  • GENTILLY
    • École élémentaire Henri Barbusse, classe de CM1 de Mme Despois
    • École élémentaire Victor Hugo, classe de CM2 de Mme Andrieux
  • LE KREMLIN-BICÊTRE
    • École élémentaire Charles Péguy, classe de CM2 de M. Faix
    • classe de CM2 de M. Guyot
  • L’HAŸ-LES-ROSES
    • École élémentaire Jardin Parisien A, classe de CM1 de M. Marchand classe de CM1 de Mme Poussardin
  • VILLEJUIF
    • École élémentaire Joliot Curie, classe de CM2 de M. Dumas
  • 2 GROUPES DU CENTRE HOSPITALIER DE LA FONDATION VALLÉE
    • Le groupe scolaire
    • Les ateliers 13-17 de Rungis

 

LEÏLA GARFIELD

Photographe–intervenante pour la Fondation Vallée

Leïla Garfield est née à Paris. Elle a étudié le cinéma à la Sorbonne Nouvelle, la photographie expérimentale et le graphisme à l’école des Beaux Arts de Berlin. Entre 2004 et 2014 la ville de Berlin a été sa muse. Leïla s’est ainsi partagée entre Paris et Berlin pendant dix ans. Elle s’intéresse de près à l’édition de livres de photo et de fanzines. Elle a auto-édité deux livres : Warum Berlin et Berlin everyday, ainsi que plusieurs ouvrages expérimentaux. Elle travaille actuellement sur de nouveaux projets d’éditions.

Depuis 2009, elle intervient dans différents lieux afin de transmettre sa passion de la photographie. Elle conçoit et anime des ateliers pédagogiques pour des établissements scolaires et des musées. Elle a animé un stage à la maison d’arrêt de Fleury Mérogis en 2015, et travaille en 2016 à la Fondation Vallée en partenariat avec la Maison Doisneau.

www.leilagarfield.com

GILBERTO GÜIZA ROJAS

Né en 1983 à Bogotá en Colombie, il suit un cursus d’ingénierie en gestion d’entreprises. Après 4 années d’expériences professionnelles en marketing, il débute des études de photographie de mode puis décide de venir en France pour suivre une spécialisation en arts plastiques. Il termine aujourd’hui un master en Photographie et Art Contemporain à l’université de Paris 8.

Depuis quelques années Gilberto Güiza a principalement orienté sa pratique autour de la problématique du travail. Le détournement, la mise en scène et la performance apparaissent chez lui comme autant d’outils permettant de représenter autrement les individus dans l’exercice de leurs métiers. Dans sa recherche, il s’est particulièrement intéressé aux métiers manuels et non qualifiés.

L’expérience photographique de Gilberto Güiza s’inscrit d’emblée dans la transmission et le travail avec les plus jeunes. De 2005 à 2007, il a travaillé en Colombie pour différentes associations chargées d’aider les populations déplacées par la violence. Les ateliers pédagogiques et ludiques qu’il a pu mener auprès des enfants en tant qu’instituteur bénévole visaient alors à ouvrir des nouveaux espaces d’expression complémentaires aux activités scolaires.

www.gilbertoguiza.com

RAFAEL SERRANO

Né en 1977 à Caracas au Venezuela, il suit simultanément des études de sociologie et de photographie. Ce croisement disciplinaire lui permet de développer un travail artistique autour des problématiques spatiales, confrontant ainsi forces de la nature et vie des hommes, communautés et désastres naturels en milieu urbain. Il suit également un cursus en Théorie et Histoire de l’art à l’université centrale de Caracas et effectue différents stages et résidences à l’étranger, notamment à l ́École Nationale Supérieure de la Photographie (Arles). Il termine à présent un master en Photographie et Art Contemporain à l’université de Paris 8.

En 2003, Rafael Serrano travaille auprès d’enfants d’écoles primaires en tant qu ́assistant social dans le programme Language Support Service (LSS) de la municipalité de Brighton and Hove en Angleterre. De 2007 à 2012, il devient chargé de cours de photographie à l’Université Catholique Andrés Bello (UCAB) de Caracas. Il participe alors bénévolement au programme d’intervention social de l’UCAB et notamment au projet d’éducation (graphisme, journalisme et photographie) à l’attention des enfants issus de quartiers défavorisés.

www.rafaelserrano.net

 

AUTOUR DE L’EXPOSITION

La Maison de la Photographie Robert Doisneau propose un dispositif d’actions culturelles et pédagogiques à destination de publics variés. Elle favorise l’éducation à l’image grâce à une approche centrée sur l’échange et la construction du regard.

  • Programmées ou sur demande, du lundi au vendredi, visites commentées en français et en anglais pour les groupes et ateliers pour jeunes publics
  • VISITES COMMENTÉES SUR DEMANDE A PARTIR DE 5 PERSONNES
  • VISITES-ATELIERS POUR LES GROUPES SCOLAIRES ET CENTRES DE LOISIRS SUR INSCRIPTION
  • RENSEIGNEMENTS & RÉSERVATIONS 
    Sarah Gay
    +33 (0)1 55 01 04 84
    s.gay@agglo-valdebievre.fr

 

 

Ressource en ligne :
Blog Photographie à l’école 2015-2016

 

La photographie par les enfants 10 ans d’une expérience en milieu scolaire

éditions Loco / Maison de la Photographie Robert Doisneau

Sous la direction de : Annie-Laure Wanaverbecq, Yve Flatard et Jean-Jacques Grezet

584 pages, plus de 500 illustrations En vente aux Editions Loco

http://www.editionsloco.com/La- photographie-par-les-enfants

Ce livre a bénéficié d’une aide à l’édition de catalogues d’expositions de la part du Conseil Général du Val-de-Marne

 

 

  • Maison de la Photographie Robert Doisneau
    1, rue de la Division du Général Leclerc 94250 Gentilly, France
    www.maisondoisneau.agglo-valdebievre.fr
    • RER B, STATION GENTILLY
    • BUS N° 57, V5, ARRÊT DIVISION LECLERC BUS N° 125, ARRÊT MAIRIE DE GENTILLY TRAMWAY T3, ARRÊT STADE CHARLETY BD PÉRIPHÉRIQUE, SORTIE PORTE DE GENTILLY
  • DU MERCREDI AU VENDREDI 13H30 / 18H30 SAMEDI ET DIMANCHE 13H30 / 19H00 FERMÉE LES JOURS FÉRIÉS
  • tél : +33 (0) 1 55 01 04 86
  • ENTRÉE LIBRE